Hassan FATHY Construire avec le peuple !!!

 
 
 
"Droite est la voie du devoir, sinueux le chemin de la beauté"
 
Hassan fathy (حسن فتحى)
 
 
Hassan Fathy (1900 – 1989) est né à Alexandrie, diplômé en architecture de l’Ecole Polytechnique de l’Université du Caire, il appartient à l’élite cairote.

Dès la fin des années 30, il s’intéresse aux traditions indigènes de son pays, à l’authenticité culturelle du monde rural qu’il opposait au désordre, et à la corruption engendraient pour lui les techniques et les modèles importés d’Occident. Rejetant ces canons qu’il jugeait peu adaptés aux pays en développement Hassan Fathy se tourne vers les traditions vernaculaires, défend un mode de vie communautaire et le principe de l’autoconstruction, avec la participation active des pauvres à l’édification de leur village.

 
"Parce que son expérience de la nature est amère, la surface de la terre, le paysage sont pour l‘Arabe un ennemi cruel,
brûlant, aveuglant et aride, il ne trouve aucun réconfort à ouvrir sa maison à la nature au niveau du sol. L’aspect clément de la nature pour l’Arabe c’est le ciel, pur, dégagé, promettant la fraîcheur et l’eau vivifiante de ses nuages, s’opposant à l’étendue de sable désertique (…) Le moyen de faire tout cela, c’est la cour intérieure. La maison est un cube creux, tournant vers l’extérieur des murs aveugles, sans fenêtres, et dont les pièces s’ouvrent sur une cour d’où l’on ne peut voir que le ciel"

 
 

En 1941 il découvre la technique des maçons nubiens qui permet de monter voûtes et coupoles sans coffrage. Cette technique avait été développée en Haute Egypte en raison du manque de bois d’oeuvre. Elle sera desormais, modernisée, appliquée dans toutes les réalisations de Fathy. Il met en oeuvre ses idées des 1942 en construisant en terre la maison Hamed Saïd à Marg près du Caire.

A l’occasion de la construction de New Gourna (1946-1947), il démontre les qualités économiques et plastiques de la brique de boue

comme ses vertus thermiques; Il réalise un ensemble de maisons, un théâtre, une mosquée et un marché d’une unité et d’une qualité remarquable. Il utilise le matériau millénaire : la brique de boue et forme sur le chantier des paysans-maçons. Chaque solution retenue est une réponse précise à un problème donné. Voûtes nubiennes, maîtrise de l’ensoleillement et de la ventilation par des moyens simples accessibles à une économie pauvre. Hassan Fathy s’est inspiré des maisonsdes Mamelouk au Caire pour ventiler et rafraîchir de manière naturelle. A la Nouvelle Gourna il emploie des capteurs d’air pourvus d’une chicane où l’air est humidifié, en passant sur des lits de charbon humide. Ces charbons sont une modernisation des maziarate, les grands récipients en céramique poreuse, qui humidifiaient et rafralchissaient l’air dans les bâtiments égyptiens traditionnels. Hassan Fathy, avec ses lits de charbon, a atteint une baisse de température de 10°C entre l’intérieur et l’extérieur des maisons.

New Gurna était un un village destiné à reloger, les habitants de Gurna que l’on souhaitait déplacer du site des tombes antiques ensevelies dans les collines pour mettre fin aux pillages et au trafic. L’opération se révéla un échec. Les équipements publics, mosquée, marché, théâtre, école batis, une centaine de familles seulement s’y établirent sur les neuf cents prévues, et Fathy fut accusé de vouloir imposer des modes de vie archaïques à la population.

Il construisit, entre autres, par la suite un village rural dans le delta du Nil (Lu‘Luat al-Sahara), deux écoles, l’école de Farès et celle d’Edfou toujours en terre ; une maison à Sidi Kreir près d’Alexandrie, en sable aggloméré cette fois-ci ; la maison Fouad Riad près de Saqqara, et enfin, le nouveau village de Bâris dans une oasis près de Kharga en 1965. On lui doit aussi des résidences individuelles pour des personnalités fortunées.

En 1981, Hassan Fathy réalise à Abiquiu, au coeur du Nouveau Mexique, un village avec sa mosquée et sa madrasa le tout en adobe, la construction donnant lieu à une opération d’initiation aux techniques traditionnelles à usage des architectes américains.

Personnalité controversée, véritable saint pour les uns, formant nombre de disciples dans le monde, dénoncé comme illuminé rétrograde pour les autres (l’hostilité devant ses réalisations lui fit m^me quitter l’Egypte pour la Grèce de 1957 à 1962) Hassan Fathy a certes échoué dans ses intentions sociales, mais c’est une des figures les plus les plus intègres de la pensée "antimoderne" en architecture, l’une des toutes premières tentatives de traduire une volonté d’autonomie spirituelle et matérielle afin d’assumer son indépendance économique et culturelle. Son architecture construites avec des matériaux locaux manifestent des qualités sources d’inspiration pour les générations suivantes. L’appartement de Fathy, au Caire, était toujours ouvert à ceux qui s’intéressaient ses idées et André Ravereau, Abdelwahid el-Wakil, John Norton et Hugo Houben furent parmi ces disciples. Tous les architectes qui se réferent à Fathy ont conservé son utilisation des techniques de construction à base de glaise ou de techniques exploitant presqu’exclusivement les ressources locales.

Hassan Fathy a reçule prix Aga Khan d’architecture en 1980,
la médaille d’or de l’UIA en 1985, le prix Louis Sullivan d’architecture en 1987, et le prix de la fondation internationale Balzan en 1981

 

       

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article a été publié dans Architecture. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s