Des fresques pour habiller les villes !!!!!!

Des fresques pour habiller les villes

Elles apportent des touches de gaité dans les villes et font la fierté des cités HLM en redorant leur image. Les fresques et peintures murales, qui émanent souvent de commandes privées, ajoutent une réelle valeur à leur façade et à la relation des habitants avec leur quartier. Une démarche artistique et urbanistique, mais qui est aussi soumise à des règles. Voyage à travers quelques réalisations.

Depuis quelques semaines, l’ombre d’un homme court après un cerf volant sur les toits du quartier de Ménilmontant, à Paris. Cet instant de poésie, qui s’offre aux passants distraits ayant la bonne idée de se promener le nez en l’air, est l’œuvre de l’artiste Nemo, spécialiste de l’art urbain et habitué des murs des villes du monde entier. La fresque est l’initiative des copropriétaires de l’immeuble, ayant profité des travaux de ravalement de façade pour ajouter cette touche festive, que les habitants du quartier se sont rapidement appropriés, comme un nouveau point de repère dont ils sont fiers. Un phénomène que les Lyonnais connaissent bien : depuis la fin des années 1980, dans le quartier populaire des Etats-Unis, les fresques monumentales de ce «musée urbain» reçoivent la visite de 20.000 personnes chaque année.
   

«Les peintures murales ont toujours existé, quand vous voyez les grottes de Chauvet ou Lascaux, il y avait déjà cette idée de transmission, de lien par la peinture», indique Halim Bensaïd, co-gérant de la coopérative lyonnaise Cité Création, qui réalise des fresques sur les murs du monde entier. Une devanture de magasin, un mur qui dérange, un quartier qui a besoin de changer d’image… «Les demandes sont multiples», explique Halim Bensaïd. A Cité création, 80% des commandes de peintures murales sont à financement privé, mais avec un objectif d’intérêt général. Pour l’homme, ce n’est pas un hasard : «On a vu moins de murs peints vers la Renaissance, à partir du moment où la peinture est devenue marchande avec les toiles. Le retour à la peinture murale est plus qu’une évolution, il dit beaucoup sur les préoccupations actuelles car il s’agit d’un lien, qui n’a pas de valeur spéculative».

   

Cette tendance peut aussi trouver une origine architecturale. «Elle s’associe avec un certain retour à l’épiderme du bâtiment», explique Raphaël Gastebois, chef du service départemental de la Marne des architectes des bâtiments de France. «On a souvent eu la mauvaise habitude de décrouter les façades pour mettre une pierre apparente. Aujourd’hui, on s’aperçoit que la peau est importante, car elle protège le bâtiment. Cela pose donc la question de la finition et des teintes, et l’on s’aperçoit que c’est quelque chose qui a toujours existé, sur le château de Versailles notamment où des pierres ont été peintes. Du coup, cela pousse aussi à la politique du trompe l’œil et du décor».

Contre l’uniformité
Visibles de tous et parties intégrantes d’un quartier, certaines fresques ou teintes originales sont soumises à l’approbation des architectes des bâtiments de France, notamment si elles touchent à un monument historique, à un secteur sauvegardé ou à une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Une déclaration de travaux doit être faite au préalable, car on touche à l’enveloppe du bâtiment. «Nous travaillons contre l’uniformité, les murs peints vont donc dans le bon sens, mais ils obligent toujours à se poser la question : pourquoi en a-t-on besoin à cet endroit ?», estime Raphaël Gastebois. «Il serait dommage d’avoir des pignons peints dans des villes où, par ailleurs, les façades sont décrépies». Les fresques, comme les teintes originales, sont plus présentes historiquement dans certaines régions ou villes. «On a tendance à favoriser ces particularismes locaux», indique Raphaël Gastebois, d’autant que cela vient à contre-courant des teintes maintes fois utilisées «car les industriels auraient tendance à tout uniformiser, tant il est plus facile de développer une seule couleur à l’infini».

Nouveaux défis
Les spécificités régionales se retrouvent également dans les dessins de ces fresques. A Québec, le trompe l’œil «la fresque des Québécois», qui attire chaque année 2,5 millions de visiteurs, intègre de nombreux caractères propres à la ville et à ses habitants. Ce phénomène pousse les artistes à adapter le fond à son environnement, mais certains pensent aussi à la forme. A Lyon, Cité Création travaille actuellement en collaboration avec Yann Arthus-Bertrand à la réalisation d’un mur où se mêlent peinture, lumière et végétal. Une manière d’explorer de nouvelles options, en y intégrant le végétal aux fameuses photos de la Terre vue du ciel et aux jeux de lumière qui font aussi la fierté du patrimoine lyonnais. Ce type de fresque, comme l’utilisation de teintes moins traditionnelles pour les façades, pourrait encore se développer, en réponse à la densité urbaine, selon Raphaël Gastebois, car «nous ne sommes plus aujourd’hui dans une logique d’extension à l’infini, mais d’important renouvellement urbain».
Batiactu : Marie Desgré (29/01/2010)

 

   

Voir également mes albums  :  Art urbain  , Murs Murs, Murs Murs 2, Les Arts de la rue.

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