Le vrai bol breton menacé de disparition ?

La faïencerie de Quimper HB-Henriot, qui fabrique le célèbre bol prénom à oreilles, a été placée en redressement judiciaire le 4 février dernier. De quoi susciter de l’inquiétude sur l’avenir de l’un des objets emblèmatiques de la Bretagne…

L’une des particularités de la France est que chaque région possède sa propre identité : ses spécialités culinaires, ses dialectes, ses emblèmes, ses drapeaux, mais aussi et surtout ses objets cultes que l’on achète en souvenirs. Au Pays basque, c’est le makhila, bâton de marche doublé d’une arme. En Alsace, c’est le fameux verre au pied vert. En Bretagne, c’est le bol prénom à oreilles ! Il en existe d’autres certes, mais aucun n’atteint sa cote de popularité.Il suffit d’ailleurs de se promener quelques minutes dans les stations balnéaires pour s’en rendre compte. Ils sont présents dans quasiment toutes les vitrines ! Mais les voilà en péril, puisque la faïencerie de Quimper HB-Henriot, qui fabrique le bol depuis 1690, a été placée en redressement judiciaire le 4 février dernier.Difficile à comprendre…

Une situation dont l’entreprise a tout de suite fait part à ses clients en publiant un communiqué disponible son site Internet . « Redressement judiciaire ne veut pas dire arrêt de l’activité », y précise-t-elle d’entrée avant d’assurer que « l’entreprise continue à fabriquer et à assurer ses livraisons normalement ».

Il n’empêche que la nouvelle a fait l’effet d’une bombe ! Comment comprendre en effet que l’une des plus anciennes entreprises françaises et dont le savoir-faire est reconnu par le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » se retrouve face à un avenir incertain, alors que son produit phare reste l’un des cadeaux souvenirs préférés des français ?

Concurrence accrue

Pas besoin d’aller chercher très loin. En réalité, l’explication tient en un mot : la concurrence. De nombreuses faïenceries se sont mises à fabriquer le même type de produit et le vendent beaucoup moins cher : 9 euros en moyenne, contre environ 30 euros chez HB-Henriot. Au lieu de peindre et de calligraphier les bols à la main, comme le fait la faïencerie de Quimper, elles utilisent le procédé de la décalcomanie, ce qui leur permet de réduire les coûts de fabrication et, par conséquent, les prix de vente.

Pour couronner le tout, l’entreprise doit également faire face à la concurrence étrangère. Depuis quelques années, les bols parfaitement imités fabriqués en Chine envahissent en effet le marché. Prix de vente ? Aux alentours de 3 euros. Autant dire que la faïencerie a de sérieuses raisons de s’inquiéter.

Seul élément rassurant pour elle : les bols chinois, à la différence des siens, ne sont pas siglés. Encore faut-il que les acheteurs aient le réflexe de les retourner… Est-ce pour autant la fin du « vrai » bol breton ? Tout dépandra de l’éventuel repreneur… 

Maison à part : C. Chahi Bechkri (17/02/2011)

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